Versement libératoire : payer ton impôt à 2,2 % du CA, es-tu éligible ? | PortaLink
Micro-entreprise Lecture 8 min

Versement libératoire : ton impôt à 2,2 % du CA, es-tu éligible ?

Un forfait payé au fil de l'eau avec tes cotisations URSSAF, et plus de mauvaise surprise au printemps. Encore faut-il être éligible et y gagner. Voici comment vérifier.

12 juillet 2026 8 min de lecture Par l'équipe PortaLink

Tu factures tes missions en micro-entreprise et tu mets de l'argent de côté pour l'impôt, sans savoir combien. Un an plus tard, l'avis d'imposition tombe et le montant pique. Ce décalage entre l'encaissement et l'impôt, c'est la plaie du barème classique.

Le versement libératoire règle le problème à la racine. Tu paies ton impôt sur le revenu en même temps que tes cotisations URSSAF, au taux fixe de 2,2 % de ton chiffre d'affaires en BNC. Une fois la déclaration validée, il ne reste rien à payer sur ces revenus.

Mais l'option n'est pas ouverte à tout le monde, et elle n'est pas toujours rentable. Ce guide te montre comment vérifier ton éligibilité, quand opter, comment remplir ta déclaration annuelle et comment décider si le forfait de 2,2 % est gagnant dans ton cas.

En résumé, ce que tu vas apprendre

  • Le principe du versement libératoire et le taux de 2,2 % appliqué aux prestations BNC
  • Le seuil de revenu fiscal de référence qui conditionne l'éligibilité
  • Les trois fenêtres pour opter : à l'immatriculation, dans les 3 mois, ou avant le 30 septembre
  • Case 5TE ou case 5HQ : comment remplir ta déclaration annuelle sans payer deux fois
  • La méthode pour savoir si l'option est rentable pour ton foyer

Le versement libératoire, comment ça marche

En micro-entreprise, ton activité de développeur, consultant ou data freelance relève des prestations libérales en BNC. Par défaut, ton chiffre d'affaires est imposé au barème progressif, avec le reste des revenus du foyer. Le versement libératoire remplace ce calcul par un forfait payé au fil de l'eau : 2,2 % du CA déclaré, prélevé en même temps que tes cotisations sur autoentrepreneur.urssaf.fr.

Concrètement, chaque déclaration URSSAF prélève trois lignes :

  • Cotisations sociales : 25,6 % du CA en BNC (barème 2026), la moitié la première année avec l'ACRE
  • Contribution à la formation professionnelle : 0,2 %
  • Versement libératoire : 2,2 %

Exemple : tu déclares 5 000 € de CA sur le mois. L'URSSAF prélève 110 € d'impôt en plus de tes cotisations. Et c'est terminé, tu ne repaieras rien sur ces revenus au moment de la déclaration annuelle. Les autres taux concernent d'autres activités : 1 % pour la vente de marchandises, 1,7 % pour les prestations commerciales ou artisanales.

Es-tu éligible ? Le seuil à vérifier avant tout

L'option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'année N-2 reste sous un plafond par part de quotient familial. Pour une option en 2026, c'est donc ton avis d'imposition sur les revenus 2024 qui compte.

Le seuil tourne autour de 29 300 € par part pour 2026, soit environ 58 600 € pour un couple à deux parts. Ce montant change chaque année : vérifie le montant en vigueur sur impots.gouv.fr ou entreprendre.service-public.fr avant d'opter.

Où trouver ton revenu fiscal de référence ? Sur la première page de ton avis d'imposition, ou dans ton espace particulier sur impots.gouv.fr. Compare-le au seuil multiplié par ton nombre de parts, et tu as ta réponse.

Quand et comment opter : les trois fenêtres

Tu as trois occasions de prendre l'option, dans cet ordre :

  1. À l'immatriculation. Coche la case "Option pour le versement libératoire" dans le formulaire du guichet unique sur procedures.inpi.fr. C'est le moment le plus simple, tout est réglé dès le départ. Le détail du formulaire est dans notre guide guichet unique INPI pas à pas.
  2. Dans les 3 mois qui suivent. Tu as oublié la case ? Envoie ta demande via la messagerie de ton compte autoentrepreneur.urssaf.fr, dans les 3 mois après ton immatriculation.
  3. Avant le 30 septembre pour l'année suivante. Passé les 3 mois, l'option ne prendra effet qu'au 1er janvier. Envoie ta demande avant le 30 septembre par la même messagerie.

Le piège de la reconduction automatique. L'option se renouvelle toute seule chaque année. Si les revenus de ton foyer passent au-dessus du seuil, tu n'es plus éligible : préviens l'URSSAF avant le 30 septembre pour sortir proprement du dispositif. Sans cette démarche, tu continues de payer un forfait auquel tu n'as plus droit.

Déclaration annuelle : case 5TE ou case 5HQ

Le versement libératoire ne te dispense pas de la déclaration de revenus du printemps. Ce qui change, c'est la case à remplir et ce que le fisc en fait.

Avec le versement libératoire : coche la case micro-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire et reporte ton CA en case 5TE (BNC). Le montant est pris en compte pour calculer le taux d'imposition du foyer et ton revenu fiscal de référence, mais l'impôt correspondant n'est pas repayé.

Sans le versement libératoire : reporte ton CA en case 5HQ (BNC professionnel). L'administration applique automatiquement l'abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) et impose les 66 % restants au barème, avec les autres revenus du foyer.

Ta situation Avec versement libératoire Sans versement libératoire
Case à remplir 5TE 5HQ
Impôt sur le CA micro Déjà payé à 2,2 % au fil de l'eau Calculé au barème après abattement
Abattement forfaitaire Sans objet 34 % (minimum 305 €)
Effet sur le taux du foyer Oui, le CA compte Oui, le CA compte
Effet sur le revenu fiscal de référence Oui Oui

Le piège du couple. Tes revenus micro font grimper le taux de prélèvement à la source du foyer. Résultat : ton conjoint salarié peut subir un taux gonflé alors que ton impôt est déjà réglé. La parade : opte pour le taux individualisé dans ton espace impots.gouv.fr.

Gagnant ou perdant : fais le calcul avant d'opter

Le versement libératoire n'est pas un cadeau automatique. C'est un échange : tu abandonnes le barème progressif contre un forfait de 2,2 % du CA, quoi qu'il arrive.

Au barème, ton CA est d'abord réduit de 34 %, puis le solde s'ajoute aux revenus du foyer et subit son taux marginal. Si ce taux marginal est élevé, le forfait de 2,2 % est souvent gagnant. Si ton foyer est faiblement imposé, le barème peut aboutir à un impôt nul, alors que le versement libératoire prélève 2,2 % dans tous les cas, sans remboursement possible.

Cas typique du perdant : le célibataire qui se lance en cours d'année avec un petit CA et peu d'autres revenus. Au barème, il aurait payé 0 €. Avec l'option, il laisse 2,2 % de chaque facture.

Les bons réflexes avant d'opter

  • Fais une simulation sur impots.gouv.fr, avec et sans l'option
  • Passe ton TJM dans notre simulateur TJM pour voir ton net réel en micro
  • Recontrôle ton éligibilité chaque année avant le 30 septembre
  • En couple, active le taux individualisé pour protéger le salaire du conjoint

Dernier point : le versement libératoire optimise la micro, mais il ne repousse pas le plafond de chiffre d'affaires et il ne remplace pas une fiche de paie pour un dossier bancaire ou une préfecture. Quand ton CA approche le plafond, ou quand la paperasse commence à te coûter des soirées, le portage salarial prend le relais naturellement. Notre comparateur micro vs SASU vs portage te montre la différence sur ton TJM, et le guide freelance reprend tous les termes du sujet.

FAQ

Le versement libératoire remplace-t-il la déclaration annuelle de revenus ?

Non. Tu déclares toujours ton chiffre d'affaires chaque printemps sur impots.gouv.fr, dans la case 5TE, en cochant la case micro-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire. Ce montant sert à calculer le taux d'imposition du foyer et le revenu fiscal de référence, mais l'impôt correspondant n'est pas repayé.

Puis-je cumuler l'ACRE et le versement libératoire ?

Oui. L'ACRE réduit tes cotisations sociales de moitié la première année, mais elle ne change pas le versement libératoire. Tu paies donc 12,8 % de cotisations au lieu de 25,6 %, plus 2,2 % d'impôt et 0,2 % de formation professionnelle à chaque déclaration.

Je suis non imposable, le versement libératoire est-il remboursé ?

Non. C'est un prélèvement définitif. Si ton foyer est non imposable au barème, l'option te fait perdre de l'argent puisque tu verses 2,2 % de ton chiffre d'affaires pour rien. Fais une simulation sur impots.gouv.fr avant d'opter.

Que se passe-t-il si mon revenu fiscal dépasse le seuil ?

Tu perds le droit à l'option. Préviens l'URSSAF avant le 30 septembre via la messagerie de ton compte autoentrepreneur.urssaf.fr pour en sortir. Ton chiffre d'affaires repassera au barème classique avec l'abattement forfaitaire de 34 %.

Quel taux si je fais aussi de la vente de marchandises ?

Chaque activité garde son taux. Le versement libératoire est de 1 % pour la vente de marchandises, 1,7 % pour les prestations commerciales ou artisanales et 2,2 % pour les prestations libérales en BNC, la catégorie des développeurs et consultants IT.

Comment sortir du versement libératoire ?

Envoie ta demande à l'URSSAF avant le 30 septembre par la messagerie de ton compte autoentrepreneur.urssaf.fr. La sortie prend effet au 1er janvier suivant. Sans démarche de ta part, l'option se reconduit automatiquement chaque année.

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