Ouvrir ta micro-entreprise dans le bon ordre : chômage, ACRE, ARCE | PortaLink
Micro-entreprise Lecture 8 min

Ouvrir ta micro-entreprise dans le bon ordre : chômage, ACRE, ARCE

Les mêmes démarches faites dans le désordre peuvent te coûter l'ACRE ou l'ARCE. Voici la chronologie exacte, du dernier jour de ton contrat au versement du capital.

12 juillet 2026 8 min de lecture Par l'équipe PortaLink

Tu quittes ton poste pour passer freelance. Bonne nouvelle : entre l'allocation chômage, l'ACRE et l'ARCE, l'État peut financer une bonne partie de ton lancement. Mauvaise nouvelle : ces aides dépendent les unes des autres. Une démarche faite trop tôt, ou trop tard, peut t'en fermer l'accès.

Le scénario qui fait mal : tu démissionnes sur un coup de tête et tu découvres qu'une démission classique n'ouvre pas les droits au chômage. Sans droits, pas d'ARCE. Autre raté fréquent : tu oublies de déposer ta demande d'ACRE dans les 45 jours après l'immatriculation, et l'exonération est perdue.

Cet article te donne la chronologie exacte, étape par étape, avec un calendrier réel et les pièges du formulaire INPI. Tu la suis dans l'ordre et tu ne laisses rien sur la table.

En résumé, ce que tu vas apprendre :

  • Comment quitter ton contrat sans fermer tes droits au chômage
  • Pourquoi la date d'inscription à France Travail passe avant tout le reste
  • Comment immatriculer ta micro sur l'INPI et demander l'ACRE sans te tromper de case
  • Comment signer ton contrat client dès le lendemain avec un SIRET tout frais
  • Comment toucher l'ARCE, soit 60 % de tes droits au chômage versés en capital

Pourquoi l'ordre des démarches compte autant

Chaque étape conditionne la suivante. Sans droits au chômage ouverts, pas d'ARCE. Sans demande d'ACRE déposée au moment de l'immatriculation ou dans les 45 jours qui suivent, pas d'exonération. Sans attestation ACRE, ton dossier ARCE reste bloqué chez ton conseiller France Travail.

La logique tient en une phrase : d'abord le statut de demandeur d'emploi, ensuite l'entreprise, enfin les aides. Et retiens ce détail qui sauve des dossiers : c'est ta date d'inscription à France Travail qui fait foi. Si ton attestation employeur n'est pas encore arrivée, inscris-toi quand même, tu la déposeras plus tard.

Les 7 étapes dans l'ordre exact

  1. Termine ton contrat d'une façon qui ouvre le chômage. Rupture conventionnelle, licenciement, ou fin de période d'essai à l'initiative de l'employeur. Une démission classique n'ouvre pas les droits. Les règles détaillées sont sur entreprendre.service-public.fr.
  2. Inscris-toi à France Travail sur francetravail.fr, dès le lendemain de ton dernier jour. C'est cette date qui compte, pas celle du dépôt de tes documents.
  3. Immatricule ta micro sur le Guichet unique via procedures.inpi.fr, bouton "Créer une entreprise". En parallèle, dépose ta demande d'ACRE sur le site de l'URSSAF : l'exonération n'est pas automatique.
  4. Récupère ton SIREN et ton SIRET dès le lendemain de la validation, sur le récapitulatif téléchargeable depuis ton espace INPI. Ce document suffit pour signer ton contrat client et démarrer la mission.
  5. Attends les attestations officielles. L'attestation INSEE (SIREN) arrive sous 1 à 2 semaines, puis l'attestation URSSAF (SIRET) environ une semaine après. Ouvre alors ton compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr pour tes futures déclarations.
  6. Surveille l'attestation ACRE. Elle arrive sous 30 jours maximum. Le silence de l'URSSAF au bout de 30 jours vaut acceptation.
  7. Demande l'ARCE à ton conseiller France Travail, avec l'attestation ACRE et un justificatif d'immatriculation : 60 % de tes droits restants, versés en deux fois.

Le piège du formulaire INPI : à la question "avez-vous déjà formulé une demande d'ACRE auprès de l'URSSAF", réponds non. La demande d'ACRE se fait ensuite côté URSSAF, pas sur le formulaire INPI. Beaucoup cochent oui en pensant bien faire, et leur demande n'est jamais déposée.

Bon réflexe : dès le lendemain de la validation INPI, télécharge le récapitulatif avec tes numéros SIREN et SIRET. Ton client peut signer avec la mention "immatriculation en cours" dans le contrat. Tu ne perds pas un jour de facturation en attendant les attestations officielles.

Un calendrier type, de la fin de contrat à l'ARCE

Voici un déroulé réel pour une fin de contrat au 30 décembre. Les délais viennent des étapes ci-dessus, adapte les dates à ta situation.

Date Action
30 décembreDernier jour du contrat
31 décembreInscription à France Travail (la date qui compte)
2 janvierImmatriculation sur le Guichet unique INPI + demande d'ACRE côté URSSAF
3 janvierSIREN et SIRET sur le récapitulatif INPI, signature du contrat client
Mi-janvierAttestation INSEE (SIREN)
Fin janvierAttestation URSSAF (SIRET), ouverture du compte autoentrepreneur.urssaf.fr
Sous 30 joursAttestation ACRE (silence de l'URSSAF = accord)
Début févrierDemande d'ARCE avec attestation ACRE + justificatif d'immatriculation

Détail qui rapporte : vise un début de trimestre civil pour ouvrir ta micro (janvier, avril, juillet, octobre). Ce timing maximise l'effet de l'ACRE. On t'explique pourquoi dans notre mode d'emploi de l'ACRE.

Déjà en mission ? Trois façons de basculer sans trou de facturation

Cas fréquent chez les freelances IT : tu es en portage salarial ou en CDI dans une ESN, et la même mission continue en micro. Le client ne t'attend pas, la bascule doit se faire sans coupure. Trois options :

  1. La mention "immatriculation en cours". Tu signes avec l'intermédiaire un contrat qui porte cette mention, puis tu communiques tes numéros dès réception. La mission ne s'arrête jamais.
  2. Le battement négocié. Tu conviens de 2 à 3 jours de pause avec le client, le temps de boucler les démarches.
  3. Les congés posés. Tu poses quelques jours de congés sur ton contrat actuel pendant que les numéros arrivent.

Dans les trois cas, ta facturation du mois reste complète ou presque. Et si tu hésites encore entre garder le portage ou passer en micro, notre comparateur micro vs SASU vs portage pose les chiffres côte à côte.

Compte bancaire, salariat à côté : ce que tout le monde oublie

Le compte bancaire d'abord. Pas besoin d'un compte professionnel facturé au prix fort. Un compte courant dédié à ton activité suffit. Il ne devient obligatoire qu'après deux années civiles consécutives avec plus de 10 000 € de chiffre d'affaires. Les seuils bougent, vérifie le montant en vigueur sur le site officiel.

Le cumul salarié ensuite. Ouvrir une micro ne t'interdit pas de signer un CDD, un CDI ou une mission d'intérim à côté, tant que ton contrat de travail le permet. Pratique pour sécuriser une période creuse.

La suite enfin. Ces étapes lancent ta micro sur de bons rails, mais garde un œil sur la trajectoire. Quand ton chiffre d'affaires approche du plafond, quand une banque ou une préfecture te réclame des fiches de paie, ou quand la paperasse te prend tes soirées, le portage salarial devient le relais logique. En attendant, passe ton TJM au simulateur pour voir ton net en micro, garde nos outils gratuits sous la main (facturier, trésorerie, rappels de déclaration), et lis notre guide ARCE : ton chômage versé en capital pour préparer la demande de février.

FAQ

Une démission ouvre-t-elle des droits au chômage ?

Non, une démission classique n'ouvre pas les droits. Pour partir en gardant le chômage, vise une rupture conventionnelle, un licenciement ou une fin de période d'essai à l'initiative de l'employeur.

Puis-je signer un contrat client avant de recevoir les attestations officielles ?

Oui. Dès le lendemain de la validation INPI, ton SIREN et ton SIRET figurent sur le récapitulatif téléchargeable. Ce document suffit pour signer, avec la mention « immatriculation en cours » dans le contrat si besoin.

L'ACRE est-elle automatique ?

Non. Tu dois la demander sur le site de l'URSSAF, au moment de l'immatriculation ou dans les 45 jours qui suivent. Sans réponse de l'URSSAF sous 30 jours, ta demande est acceptée.

Comment l'ARCE est-elle versée ?

L'ARCE représente 60 % de tes droits au chômage restants. France Travail la verse en deux fois : la moitié à la validation du dossier, l'autre moitié 6 mois plus tard si ton activité est toujours ouverte. Cette deuxième moitié se demande, elle n'arrive pas toute seule.

Ai-je besoin d'un compte bancaire professionnel ?

Non. Un simple compte courant dédié à ton activité suffit, et il ne devient obligatoire qu'après deux années civiles consécutives avec plus de 10 000 € de chiffre d'affaires.

Puis-je garder un emploi salarié avec ma micro ?

Oui. Ouvrir une micro-entreprise ne t'empêche pas de signer un CDD, un CDI ou une mission d'intérim à côté, à condition que ton contrat de travail le permette.

Ton lancement est prêt, et ton net ?

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